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Politique-Economie

Back in the USA

Je n'étais pas retourné aux Etats-Unis depuis septembre 2001 (incidemment j'y étais le 11), sauf pour de brefs transits à Miami. Pour ce voyage là, j'ai en plus eu l'opportunité de voir Manhattan, de loin certe, sans ses tours jumelles. On a beau s'y attendre, cela fait toujours quelque chose de voir le "skyline" d'une ville changé à ce point.

Sinon l'Amérique profonde n'a pas beaucoup changée. Il y a plus de centres commerciaux, plus de restaurants qui emploient des gens payés à des salaires de misère. Pour vous donner une idée, le salaire minimum légal est de l'ordre de 3,5 US$ par heure et de seulement 2,5US$ par heure pour les employés qui touchent des pourboires comme les serveurs dans les restaurants. Si vous allez aux Etats-Unis, pensez au service, le personnel de salle n'est payé que par ce que vous mettez au bout de l'addition.

Sinon l'industrie traditionnelle et les bastions syndicaux souffrent. Globalement dans les 50 à 70 les syndicats américains avaient négocié des conditions globales très intéressantes qui comprennent à la fois des salaires relativement confortables (25US$/h par example) accompagnés d'avantages sociaux (soins médicaux et retraites) avantageux. Ces accords sont incontournables et même l'employeur ne peut pas avoir recours aux intérimaires, il faut qu'il embauche des salariés aux même conditions. Par contre ces accords sont locaux et de ce fait les disparités de coûts entre différents sites d'une même entreprise sur le territoire même des Etats-Unis sont très importants, et je ne parle pas des délocalisations en Asie. En conséquence on assiste depuis quelques années à une disparition rapide des emplois de production qualifiés dans les états industriels traditionnels du nord-est et du centre-nord(Ohio, Michigan, Illinois, New York, Massachusset,...) au profit d'états nouvellement industrialisés du sud (Georgie, Alabama, Texas, Nouveau-Mexique,...). C'est ce qui ce passe dans l'industrie automobile ou les trois constructeurs américains sont dans les états du nord avec des structures de couts très élévées tandis que les constructeurs japonais se sont installés dans le sud.

C'est l'inconvénient du système américain qui fait reposer la protection sociale sur les seules entreprises, sans règle générale. De ce fait la concurrence s'exerce également sur le niveau de cette protection.

Sinon la seule chose qui est vraiment changée depuis septembre 2001 au Etats-Unis, c'est la sécurité dans les aéroports et prendre l'avion est devenu franchement désagréable avec toutes ces procédures de sécurité. Au rythme ou cela va, il va bientôt falloir se mettre en sous-vêtements pour pouvoir embarquer dans un avion.

Belle-Ile à la une du Financial Times

Posté avec un peu de retard la une d'un cahier spécialisé du FT qui utilise une photo de l'entrée du port du Palais pour illustrer un article sur les fonds de pension. Petit clin d'oeil.

Ftbelleile_2

Uttar Pradesh

Balloté à l'arrière de la voiture, je me demande bien ce que je fais là, sur une route perdue au confins de l'Uttar Pradesh à une centaine de km de la frontière népalaise. Nous venons de traverser la rivière Surya au niveau de la ville de Ayodhya, avec ses temples et ses escaliers. On se sent vraiment au fond de l'Inde ancestrale.

Uttarpradesh01 Le seul hic est que nous ne sommes pas là pour faire du tourisme mais pour nous rendre à une réunion de travail chez un de nos partenaire.

Notre chauffeur zigzague entre les piétons, les rickshaw, les vélos, les tracteurs tout en évitant de se prendre les camions Tata qui arrivent de face. Bien evidemment notre moyenne n'est pas bien rapide et il nous faudra 5 heures pour parcourir les 180km qui séparent l'aéroport de Lucknow de l'usine ou nous allons travailler.

Uttarpradesh02 Mias pourquoi sommes nous là ? On peut trouver de multiples raisons pour notre présence dans l'Uttar Pradesh, mais la plus fondamentale est la volonté de certains politiciens indiens de créer une industrie au milieu de nulle part pour asseoir le pouvoir. Et cette région agricole et relativement déshéritée est le fief electoral de la famille Gandhi. Sonia, présidente du Parti du Congrès est même venu inaugurer un atelier dans ce coin paumé.

Malheureusement l'Inde est encore loin de la Chine pour ce qui est de la performance industrielle et ce n'est pas en disséminant des usines à travers le pays que cela va augmenter la compétitivité industrielle. De nos jours la clé de la performance, c'est la logistique et quand on voit la difficulté que nous avons pour atteindre le lieu de production....

Proche-Orient

Je suis triste pour mes amis et collègues libanais quand je vois ce arrive à leur pays.

A ce sujet je recommande de lire l'article publié dans le monde du 18/08/2006 Guerre en Orient ou paix en Méditérranée ? C'est à la fois une synthèse de l'historique de la situation et une vrai proposition pour tenter de sortir de la crise.

En tant que français et européens, nous sommes complètement partie prenante et nous devons nous engager pour une solution durable en dépassant notre culpabilité par rapport à l'holocauste.

BRIC

Il est assez amusant de constater que son travail amène à visiter fréquemment un groupe de pays qui a été distingué en 2003 par une grande maison de la finance : Goldman-Sachs . L’objet de cette étude était de démontrer que ce groupe de pays dominera l’économie mondiale en 2050. Ces pays sont le Brésil, qui fait déjà l’objet de plusieurs articles le site, la Russie, qui a eu l’honneur d’un article récemment, ainsi que l’Inde et la Chine pour lesquels j’ai de nombreux projets en tête mais qui n’ont pas encore été publiés. Dans la presse ainsi que dans d'autres études, on retrouve souvent ce groupe de pays sous l’acronyme BRIC. Même si la perspective de 2050 est encore lointaine, il est indéniable que leur influence sur l’économie mondiale se fait déjà sentir, avec bien sûr chacun leur spécificité propre :

         Le Brésil par son agro-business florissant et son minerai de fer

         La Russie est devenu un géant incontournable de l’énergie

         L’Inde mise sur le tertiaire et les travaux intellectuels

         Et la Chine qui est devenue l’usine du monde

Il faut réaliser que le monde change encore très vite et qu’il va falloir, nous français et européens et même le G7, abandonner notre vision encore très colonialiste du monde. Nous ne pouvons plus penser que nous sommes les plus riches, que nous avons le savoir et la technologie et que nous allons éternellement contrôler l’économie et la politique mondiale.

Nous même et surtout nos enfants et petits-enfants vont avoir à vivre dans un monde qui ne sera plus dominé par l’Occident. Si l’on prend les chiffres de l’étude de Goldman-Sachs, l’ économie chinoise représentera plus de 10 fois l’économie française en 2050 alors qu’aujourd’hui les deux économies sont sensiblement égales. Elle devrait même surpasser l’économie américaine.

J’ai pu constater le dynamisme de l’économie chinoise. Il faut voir Shanghai, c’est époustouflant !

Shanghaicctv_tower L’Inde, même freinée par son manque d’infrastructures, a la ferme volonté de s’imposer comme un nouveau grand et ne peut plus être considérée comme une nation de second plan. La récente affaire Mittal-Arcelor l’a bien montrée et à mis en lumière l’incapacité de beaucoup de nos hommes politiques à appréhender les évolutions du monde.

La responsabilité de la génération qui est actuellement aux affaires, est de préparer notre pays à ces changements et construire notre place dans ce monde futur. Malheureusement, nos dirigeants politiques regardent plus vers le passé (« comment préserver ce que nous avons ») plutôt que de proposer un futur.

Pour plus d’information : http://en.wikipedia.org/wiki/BRIC . L’article en français est beaucoup trop pauvre alors j’ai mis le lien sur celui en anglais.

Grève de la faim (suite)

Vu dans Libération cette semaine Toyal, le député Lassalle et l'Etat : dossier "inextricable" qui raconte les suites de la lamentable grève de la faim du député Jean Lassale sur laquelle j'avais réagis dans ma note Grève de faim.

A force de prendre la politique pour du spectacle et ne gérer que les émotions sans tenir compte des faits et des réalités on aboutit à des gabegies sans nom. On commence à s'apercevoir que la solution initiale était probablement la meilleure et que maintenant l'industriel agite la menace d'une délocalisation en Roumanie, il va probablement falloir faire machine arrière.

Qu'un député local soit incompétent et mégalomane, cela pourrait encore passer, mais qu'un ministre de premier plan ce soit mêlé de cette farce avec à la clef l'utilisation inutile de millions d'euros d'argent public est proprement scandaleux.

De mon côté je ne peux qu'espérer qu'une solution sera rapidement trouvée qui permette de préserver de l'emploi industriel en France plutôt que le faire fuir.

Grève de la faim

D'après le Monde du 11/3/06 (Article), le député des Pyrénnées-Atlantique est en grêve de la faim pour empêcher la fermeture d'une usine dans la vallée d'Aspe. Ceci au nom de la lutte contre la mondialisation.

On peut concevoir que la fermeture d'une usine qui emploie 150 personnes représente un coup dur pour l'économie locale mais de là à tout mettre sur dos de la "mondialisation" relève du fantasme et de l'incompétence. Il n'est pas le seul et beaucoup de nos hommes politiques de droite comme de gauche sont complètement déconnectés de la vie économique. Il est puéril de penser qu'une activité économique quelle qu'elle soit puisse rester immuable à travers les générations. Les produits, les procédés et les sources d'approvisionnement évoluent. De plus la nécéssité d'une éfficacité toujours grandissante de nos entreprise conduit inéluctablement à la remise en cause de l'existence de l'usine du coin...

Et contrairement à ce que veut nous faire croire cet élu, ce n'est pas la mondialisation et des décisions prises à des milliers de kilomètres qui sont la cause profonde de la fermeture de l'usine de la vallée d'Aspe: C'est tout simplement notre aspiration à tous (ou presque) à un niveau de vie accru. La mondialisation n'est qu'une excuse facile car impersonelle, informe et lointaine pour se défausser de l'inaction de certains hommes politiques et du député des Pyrénnées-Atlantique et particulier. Il était de son devoir d'élu d'anticiper le risque pour le futur lié à la dépendance de sa vallée vis à vis d'une petite unité de production.

Il est plus facile de faire une grève de la faim médiatique en accusant les responsable du symptôme plutôt que de traiter le problème de fond qui le maintien d'une activité économique durable dans des zones rurales et mal desservies. C'est cela que nous attendons de nos élus.